Les microplastiques

 
 
 

Un océan de plastique !

Bouteilles, emballages, mégots, sacs, filets de pêche … Les déchets humains sont présents partout dans les océans, même dans les grandes profondeurs. Massivement produits depuis 60 ans, les plastiques sont des matériaux, devenus des déchets à longue durée de vie, qui se dégradent très lentement et qui s’accumulent progressivement dans les océans. Si la communauté scientifique s’est longuement focalisée sur la quantification des « macro-déchets » (bouteilles, sacs, filets…), la dynamique des débris plastiques et des microplastiques en milieu océanique reste largement méconnue. Aujourd’hui, 92% des déchets plastiques dans les océans sont des microplastiques. [1]

Qu’est-ce qu’un microplastique ?

Les microplastiques sont des plastiques d’une taille inférieure à 5 mm, ils  peuvent provenir de la dégradation d’un plastique plus grand, ils sont dits secondaires, mais aussi du secteur cosmétique (exfoliants, dentifrices), de la pétrochimie (granulés plastiques industriels, abrasifs industriels) et du secteur vestimentaire (fibres synthétiques), dans ce cas ils sont dits primaires. Ces microplastiques peuvent être des sources d’exposition à des substances qui perturbent les cycles hormonaux. Les phtalates et autres bisphénols utilisés pour la fabrication de plastique sont en effet des perturbateurs endocriniens. Les microplastiques peuvent également être porteurs de substances chimiques. Du fait de leur nature chimique, les microplastiques absorbent les contaminants, au rang desquels les phtalates, le bisphénol A, les polybromodiphényléthers (PBDE), les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et les polychlorobiphényles (PCB)…

D’où viennent les microplastiques ?

Le pourcentage des différents types de microplastiques retrouvés dans les océans ne sont pas clairement identifiée, les recherches sont toujours cours. Les chiffres sont à prendre à titre indicatif et son susceptible d’évoluer en fonction que la recherche avance. Une chose est sur : 100% des microplastiques sont d’origine humaine….

Des études de plus en plus inquiétante….

La prise de conscience de cette problématique dans le monde scientifique ne date pas d’hier, dès 1980, des chercheurs de l’université d’Alaska s’inquiètent du fait que l’estomac d’un nombre croissant d’oiseaux morts en Alaska contient du plastique. Une première étude rétrospective conclut que 58 % des cadavres ramassés entre 1969 et 1977 avaient mangé des objets en plastique ou des fragments de plastique [1]. Dans les décennies qui suivirent (surtout depuis les années 1990), divers navigateurs, scientifiques, associatifs, cinéastes et médias ont d’abord ponctuellement attiré l’attention sur des phénomènes d’accumulation de macroplastiques, puis de microplastiques sur les berges, plages et fond de divers milieux sur la planète, même loin des zones habitées et industrielles. Dans les années 2000, plusieurs articles scientifiques et de presse alertent quant aux enjeux nouveaux et au phénomène émergent du problème.

En début d’année 2016, un rapport a dévoilé qu’en 2050, il y aura autant de microplastiques que de poissons dans les océans [2] ! Cette prédiction concerne les masses de poissons et de plastique qui s’élèveront à 150 millions de tonnes, selon ce rapport. Ce chiffre relayé par les médias est néanmoins à prendre avec des pincettes. En effet, l’étude scientifique la plus récente estime aujourd’hui à 250 000 tonnes le plastique flottant dans les océans [3]. Cette dernière étude montre de plus que le taux de disparition des microplastiques est bien supérieur à celui attendu … Où passent les 12.7 millions de tonnes de plastiques déversés chaque année dans les océans ? [4] Plusieurs hypothèses sont avancées, dont le rôle prépondérant que pourrait jouer la bioaccumulation comme l’ingestion par les poissons.

Le danger :

Aujourd’hui, il s’agit d’une préoccupation scientifique croissante parce que ces microparticules en raison de leur petite taille sont facilement accessibles à un large éventail d’organismes aquatiques et sont finalement intégré dans la chaîne alimentaire. Les effets biologiques chroniques dans les organismes marins résultent de l’accumulation de microplastiques dans leurs cellules et tissus. Les effets potentiellement dangereux sur les humains par une ingestion alternative de microparticules peuvent provoquer une altération des chromosomes qui entraînent une infertilité, une obésité et un cancer. Tout ces dangers sont liés à la composition chimique du plastique qui contient des additifs extrêmement nocif, une fois dans l’environnement, ces toxiques sont diffusé… Par ailleurs, les molécule de plastique ont la capacité d’agir comme un aimant pour tous les polluants présent dans le biotope. Une fois ingéré, ces polluants sont transmis dans l’organisme… [5]

En raison de la menace récente de microplastiques au biote marin, il est important de contrôler l’utilisation excessive d’additifs plastiques et d’introduire certaines législations et politiques pour réguler les sources de déchets de plastique.

Et dans nos cours d’eau?

Les déchets qui peuplent les océans proviennent en effet à 80 % des terres, portés par le vent ou les rivières, mais si la contamination des océans par les microplastiques est désormais bien connue grâce notamment à des expéditions scientifiques, ce n’est pas le cas pour les milieux d’eau douce. Les premières études ont mis en évidence la présence de microplastiques dans les eaux de surface et dans les sédiments de certains écosystèmes lentiques comme le lac de Garde en Italie, le lac de Genève en Suisse ou même le lac Hovsgol en Mongolie. De même, la contamination de sédiments a été observée dans des écosystèmes lotiques comme le fleuve Saint-Laurent au Canada. En France, l’Institut national de l’environnement et des risques (Ineris) a commencé à s’intéresser à la question en étudiant la présence de microplastique dans l’estomac des goujons. 10% des 812 goujons prélevés sur 33 sites contenaient dans leur intestin des fibres ou des microbilles en plastique. Le travail de l’Ineris démontre la contamination des milieux aquatiques par les microplastiques et, via la chaîne alimentaire, l’exposition des poissons à cette pollution.

Depuis  aucune étude n’a recherché directement la présence de microplastiques dans les rivières françaises,

c’est le rôle de La Pagaie Sauvage.

Quelles solutions?

Retrouvez sur notre site une page consacrée aux solutions afin de limiter la propagation des microplastiques.

 

 

[1] M. Eriksen et al., “Plastic Pollution in the World’s Oceans: More than 5 Trillion Plastic Pieces Weighing over 250,000 Tons Afloat at Sea”, PLOS ONE, vol. 9, no 12, p. e111913, 2014.
[2] MacArthur, « The New Plastics Economy: Rethinking the future of plastics ».
[3] Azzarello, Marie Y., and Edward S. Van Vleet, “Marine birds and plastic pollution. » Marine Ecology Progress Series 37, 1987.
 [4] J. R. Jambeck et al., “Plastic waste inputs from land into the ocean”, Science, vol. 347, no 6223, p. 768‑771, 2015.
 [5] Shivika Sharma, Subhankar Chatterjee, Environmental Science and Pollution Research, Volume 24, Issue 27, pp 21530–21547.