PLASCOTE II : objectif vivre l’expérience !

Rapport de synthèse – La Galupée
18 août 2020
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Au travers du prisme des sciences participatives, La Pagaie Sauvage souhaite contribuer au renforcement des liens qui historiques unissent les humains aux cours d’eau. Une des valeurs prédominantes portées par l’association réside dans le partage d’un mode de voyage hors du commun : les itinérances en canoë. Les expéditions organisées par l'association incluent aussi bien les aspects scientifiques que ce lien précieux entre l’homme et les rivières : partir en autonomie pendant plusieurs jours est irréversiblement « modifiant ».

Ces "ExpéSauvages" placées sous le signe du "zéro-déchet" permettent des avancées significatives en termes scientifiques, mais sont aussi l'occasion pour tous de tester la vie au rythme des rivières en découvrant ce qu'elles apportent au-delà de la simple ressource en eau, tout en partant à la découverte de ces fameux micropolluants. Cette contribution à la compréhension précise des problèmes environnementaux active alors un réel changement dans le logiciel des comportements et des pratiques éco-responsables, côté citoyen, mais permet aussi de participer à la démocratisation de ces voyages « près de chez nous » et pourtant inoubliables.
 
 
Screenshot_2020-09-10 Plascote Quelles sont les conséquences du plastiques sur l'éco-système de la Leyre
 
 
L’expédition PLASCOTE II, action soutenue par le laboratoire d’exellence (LabEx-COTE), la Région Nouvelle Aquitaine (ENEDS2019) et en partenariat avec le Parc Naturel des Landes de Gascogne (PNRLG), a eu lieu du 4 au 9 juillet 2020. À bord, 8 participants ont découvert un projet scientifique d’envergure, une rivière sauvage riche, et plus que tout, un mode de vie confiné avec la nature pendant 6 jours. Voici, en partie, leurs témoignages :

Lucas : « À naviguer le long de cette Leyre indomptable, nous étions immergés dans son ambiance qui enchantait nos sens. Avec l’impression d’être seuls au monde, d’être les pionniers, j’ai redécouvert d’un autre regard la rivière que je connaissais auparavant. C’était assez émouvant de commencer à la descendre alors qu’elle n’est qu’un gros ruisseau jusqu’à son embouchure où elle se déploie en de multiples bras. Les moments de convivialité passés à table, le midi et le soir ou au gré des animations passionnantes furent mémorables. J’ai été aussi agréablement surpris par la diversité de la faune que nous avons croisé : de nombreux martins-pêcheurs, des empreintes de loutre, des oiseaux aquatiques, des écrevisses de Louisiane, un rat musqué, des couleuvres, une ribambelle de libellules et d’araignées ! Les réveils étaient un peu trop matinaux à mon goût, mais au regard des longues journées de canoë, cela s’avérait indispensable. Ainsi, sous de multiples aspects, j’ai vécu une expérience unique sur 6 jours d’itinérance en canoë, en contribuant à la bonne cause tout en profitant pleinement de ce cadre et des personnes emballées par l’observation minutieuse des petits détails, par la permaculture, par les documentaires, par les voyages, par les petites anecdotes sympathiques et j’en passe tellement les sujets de conversation furent variés et passionnants. »

Gaëlle : « Je n'ai pas vu la semaine passer et j'aurais volontiers continué, inlassablement, à glisser au fil de l'eau en silence, le long de cette tranquille Amazone, accompagnée de ce groupe très sympathique. Je me sens extrêmement privilégiée […] J'aime bien les moments de prélèvement, où je me sens investie d'une mission qui me tient assez à cœur ... LA CHASSE AUX PLASTIQUES ! Ajoutez à cela des temps d'information autour de la faune et flore sauvage... et vous avez une descente au top. Cerise sur le gâteau, la descente se veut 0 déchets, et là, c'est la classe intergalactique. Non seulement il n'y avait rien à redire sur les repas, toujours délicieux, cuisinés et déshydratés s'il vous plaît, transportés en bocal de verre, barres de céréales emballées avec des "bee wraps"... franchement, bravo. Le tout pensé pour les besoins énergétiques du corps... Je ne sais pas qui je dois en plus remercier pour la gratuité de la descente, mais comment dire ... Merci ! »

Davide : « Je peux dire que c'était une expérience vraiment fantastique. Enrichissante, aventureuse, relaxante, "conscientisante", "épreuvente" (pas éprouvante). Il était très intéressant d’intégrer une expédition scientifique et de participer activement aux prélèvements. L'équipe était plutôt hétérogène, mais on s’est très bien retrouvé(e)s. Chacun était prêt à partager ses savoirs (scientifiques et/où éphémères) et surtout chacun était prêt à apprendre, où tout simplement ouvert à recevoir, chose que n'est pas toujours évidente. La navigation en canoë nous a permis de découvrir doucement et pleinement le milieu que nous traversions, et la descente en itinérance de plusieurs jours nous a fait changer petit à petit la perception du fleuve et son environnement, et le rapport avec le canoë aussi, notre formidable véhicule d'exploration. »

En dehors des sentiers battus, l’itinérance en canoë permet ainsi d’expérimenter un mode de vie en lien étroit avec la nature, en autonomie alimentaire et énergétique totale, et sans émission de déchets. C’est l’occasion pour les participants de mettre en pratique un mode de vie à priori opposé à leurs quotidiens respectifs.

Mais le projet PLASCOTE ne s’arrête pas là : un suivi microplastique participatif se met en place sur tout le bassin de la Leyre en concertation avec les prestataires et usagers du cours d’eau et avec l’appui technique du PNRLG. Les « Soirées ouvertes » devaient incarner un espace de création et de partage en vue de définir les prochaines actions du projet, mais le contexte pandémique l’a emporté, et les soirées sont reportées en 2021 ! En attendant, un comité scientifique citoyen devrait voir le jour.