Ce projet, qui a débuté en décembre 2025, nous invite à changer d'échelle d'analyse, en étudiant les microplastiques, les pathogènes et la plastisphère. Les microplastiques ne sont plus seulement considérés comme des contaminants particulaires. Ce sont des interfaces biologiquement actives, capables d’héberger et de structurer des communautés microbiennes complexes.
Le projet RAPPORTEUR, dirigé par
Romy Razakandrainibe (laboratoire
ESCAPE) s’inscrit précisément à cet endroit : non pas caractériser séparément des polluants et des pathogènes, mais documenter leurs interactions au sein de la plastisphère, en conditions environnementales réelles. Une question encore peu traitée : l’interaction MP–pathogène.
RAPPORTEUR mobilise un consortium pluridisciplinaire réunissant 4 partenaires et près d’une vingtaine de personnes, combinant expertises en microbiologie, chimie des polymères, bioinformatique et sciences participatives.
Si le rôle des microplastiques comme supports microbiens est désormais bien établi, leur implication dans la dynamique de transmission de pathogènes reste largement sous-explorée. RAPPORTEUR cible spécifiquement Cryptosporidium, un parasite d’intérêt majeur en santé environnementale, pour interroger plusieurs verrous :
- adsorption et persistance sur les microplastiques
- interaction avec les biofilms de la plastisphère
- impact potentiel sur la viabilité et l’infectivité
Autrement dit : passer d’une logique de co-occurrence à une analyse fonctionnelle des interactions.