Des polluants présents sur les microplastiques affectent le développement de jeunes poissons

Les cours d’eau : un piège ou une autoroute à microplastique en direction de l’océan
10 mai 2020
Les microplastiques passent-ils incognitos dans les stations d’épuration ?
25 mai 2020
Show all

Les microplastiques dans la chaine alimentaire sont un sujet au cœur de l’actualité. De nombreux projets de recherche prouve la présence de microplastique dans l’organisme d’oiseaux, de poissons et d’invertébrés cependant comprendre leurs impacts restent une tache difficile.

Une étude conjointe entre des chercheurs de l’UMR EPOC[1] de l’Université de Bordeaux et l’équipe de Marie-Laure Bégout de l’Ifremer (UMR Marbec), révèle les effets délétères sur le développement d’une espèce de poisson marin de substances chimiques véhiculées par des microplastiques. Bien que réalisée dans des conditions de laboratoire, cette étude montre comment les poissons exposés à ces contaminants sont peut-être aujourd’hui impactés. Ces scientifiques recommandent d’inclure ce mode de transfert de polluants dans l’évaluation des risques écotoxicologiques des microplastiques

En partenariat avec les universités suédoise d’Örebro et espagnole de Vigo, des chercheurs de l’Université de Bordeaux viennent de publier dans la revue Marine Pollution Bulletin[2]leurs résultats sur les effets toxiques de trois substances chimiques portées par des microplastiques sur des embryons et des larves de poissons medaka marin (Oryzias melastigma).

Les trois substances testées sont souvent retrouvées dans le milieu marin. Il s’agit : d’un polluant cancérogène contenu par exemple dans les vapeurs des gaz d’échappement (benzo[a]pyrène), et de deux perturbateurs endocriniens utilisés respectivement pour filtrer les UV dans les produits de protection solaire (oxybenzone) et pour notamment imperméabiliser des tissus, du mobilier et des tapis (acide perfluorooctanesulfonique). Les embryons et les larves de poissons ont été mis au contact de microplastiques pollués par ces composés à des concentrations situées dans la fourchette médiane à haute de ce qui est retrouvé dans l’environnement marin.

« A la différence de notre étude précédente[3] qui ne montrait pas de preuve de toxicité sur les embryons et les larves de poissons zèbre exposés à ces mêmes polluants[4] via les microplastiques, nous avons observé un ensemble d’effets toxiques sur les poissons de l’espèce medaka marin, explique Marie-Laure Bégout, chercheure en physiologie à l’Ifremer de Palavas et de Sète. Ceci s’explique notamment par la différence du temps de développement et donc de la durée d’exposition de ces deux espèces : 5 jours pour le poisson zèbre contre 12 jours pour le medaka. « Au bout de 12 jours, les larves de medaka exposées aux deux premières substances ont présenté une réduction de leur croissance, des anomalies de développement et de comportement. Les embryons et larves en contact avec le troisième polluant ont quant à eux vu leur survie et leur taux d’éclosion diminuer », précise-t-elle. En revanche, les medaka exposés à des microplastiques vierges de tout polluant n’ont pas montré d’effets toxiques.

Dans la nature, les organismes aquatiques sont exposés de manière chronique sur de longues périodes à ces polluants associés aux microplastiques..

Ce travail a été réalisé dans le cadre du projet EPHEMARE (JPI Oceans, ANR-15-JOCE-0002-01)

Un article à retrouver en intégralité sur le site de l’Ifremer : https://wwz.ifremer.fr/Actualites-et-Agenda/Toutes-les-actualites/Des-polluants-presents-sur-les-microplastiques-affectent-le-developpement-de-jeunes-poissons

 

 

 

https://wwz.ifremer.fr/Actualites-et-Agenda/Toutes-les-actualites/Des-polluants-presents-sur-les-microplastiques-affectent-le-developpement-de-jeunes-poissons